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Confinement : quels impacts sur le stress et quelles solutions ?
Confinement : quels impacts sur le stress et quelles solutions ?
- Modifié le 
21
November
2022

Confinement : quels impacts sur le stress et quelles solutions ?

Les confinements successifs ont engendré différentes phases de stress. Découvrez ces étapes ainsi que les conseils de notre psychologue.

Psychologie
Stress
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Nous vivons depuis 1 an bientôt une situation de crise sanitaire qui est venue bouleverser totalement nos habitudes de vie sociale, professionnelle, familiale et sportive.
L’épidémie de Covid-19 nous a donc tous impacté sur différents points dans nos cadres habituels et il n’est pas simple d’y voir clair dans tous ces bouleversements.

Je vous propose une analyse de l’impact de ces confinements successifs et de ces bouleversements sur notre psychisme, notre moral.

En bref, sur notre santé psychologique.

Nous allons voir comment cette situation nouvelle et impactante a généré un stress durable auquel nous sommes soumis depuis longtemps maintenant et qui a des conséquences sur notre psychisme.

L'impact du confinement sur le stress

  • Vous arrive-t-il actuellement de vous sentir las, sans énergie, ni envie ?
  • Avez-vous besoin de plus de sommeil que d’habitude ?
  • Ou à l’inverse, éprouvez-vous des difficultés notoires d’endormissement ou un sommeil de mauvaise qualité ?
  • Avez-vous du mal à vous projeter dans le futur ou à envisager de nouveaux projets à concrétiser ?

Si vous vous retrouvez dans une ou plusieurs de ces propositions, alors vous êtes également impacté moralement par les conséquences de cette crise sanitaire que nous traversons.
Rassurez-vous, c’est tout à fait normal. Il s’agit en effet d’une épreuve que nous n’étions pas préparés à vivre et qui puise dans nos ressources depuis longtemps maintenant.

Alors voyons ensemble, comment le cerveau réagit face à cette nouveauté bouleversante.
Et restez jusqu’au bout, car nous aborderons à la fin, dans « le conseil de psy » des astuces simples à mettre en place pour sortir de cette morosité.

La mécanique du stress

Petit rappel :

Le stress est un phénomène d’adaptation naturelle du corps qui nous permet de réagir aux changements de notre environnement. Effectivement, notre cerveau est programmé pour réagir rapidement lorsque notre environnement change.

C’est d’ailleurs ce qui a permis à l’espèce humaine de survivre depuis l’ère préhistorique. Notre cerveau perçoit les signaux extérieurs de modifications de l’environnement et s’adapte automatiquement pour pouvoir programmer une réponse adaptée, le plus rapidement et efficacement possible.

L’organisme répond donc à un contexte stressant par une réaction en 3 phases :

Alarme > Résistance > Epuisement

Vous trouverez une explication détaillée du fonctionnement de ces phases dans ce précédent article : Le stress
Je simplifierai volontairement pour les besoins de cet article.

Les confinements successifs et les différentes phases du stress

La phase d’alarme

Disons que cette première phase est une préparation au combat de l’organisme qui mobilise ses ressources pour faire face à cette situation nouvelle.

Souvenez-vous de l’annonce du premier confinement. Elle a retenti comme un choc pour beaucoup de personnes. Même si nous sentions venir cette éventualité, nul n’était véritablement prêt à l’affronter dans la réalité.

D’ailleurs, vous souvenez-vous de ce que vous étiez en train de faire ou bien encore de l’endroit où vous vous trouviez lorsque vous avez appris la nouvelle ?
Si oui, alors cela signifie que cette annonce a agit comme un véritablement choc émotionnel pour vous. Mais nous reviendrons plus tard, dans un autre article, sur cette dimension du choc psychologique.
Au moment de l’annonce, nous avons tous dû nous adapter à une situation complètement inédite.

Le cerveau, face à cette nouveauté qu’il doit gérer, se met à produire plus de catécholamines (dont la noradrénaline) pour nous préparer à l’action.
C’est pour cela que nous avons redoublé d’inventivité et d’énergie lors de ce premier confinement.

Tandis que plusieurs initiatives solidaires se mettaient en place à destination du personnel soignant ( préparation de repas, petits mots, soins gratuits pour les soignants…), d’autres initiatives personnelles ressoudaient les liens dans la communauté (concerts depuis son balcon, sessions musicales depuis le balcon, applaudissements à 20h, etc…)
Sans oublier les « apéros-visios » qui nous ont permis de conserver du lien social.
En effet, nous étions encore débordant d’énergie et de créativité pour tenir et affronter ensembles et soudés cette épreuve.
A ce moment donc, le stress généré par la situation nouvelle était un stress positif car il nous permettait d’aller de l’avant.

Puis, la situation s’est installée dans le temps, et nous avons traversé un nouveau confinement et une privation des sorties culturelles et des regroupements sociaux.
Sans compter bien entendu, la distanciation sociale qui nous oblige à réinventer nos relations aux autres.
C’est ainsi, que nous sommes entrés dans la deuxième phase du mécanisme de stress : la phase de résistance.

La phase de résistance

Suite au premier confinement, les gestes barrières étaient toujours en vigueur, la distanciation sociale toujours recommandée et nous commencions à comprendre que la situation allait durer.

Nous sommes alors entrés dans la phase de résistance ; c’est à dire que notre organisme fait face à une situation de stress prolongé qui l’oblige à puiser dans ses ressources et risque d’épuiser le stock de ressources disponibles.

Durant cette phase, il faut faire attention et se ménager sans vouloir en faire trop au risque de s’épuiser.
On peut d’ailleurs faire l’analogie avec l’épuisement ressenti dans le burnout au niveau professionnel

Voir l’article sur : Les risques psychosociaux

C’est à ce moment que beaucoup d’entre nous ont ressenti le besoin de faire une pause dans les visios, ou encore de se recentrer sur soi.
Il est tout à fait normal, dans cette phase de résistance, d’éprouver le besoin de concentrer l’énergie qu’il nous reste sur des besoins fondamentaux.

Et c’est souvent dans cette phase de résistance qu’apparaissent les premiers symptômes de souffrance psychologique : difficulté à l’endormissement, sommeil de mauvaise qualité, repli sur soi, baisse des envies.
Il est encore temps, à ce niveau, de lever le pied et de prendre du temps pour soi, pour se ressourcer.
Pour beaucoup d’entre nous, cela correspondait à l’été et à une certaine forme de légèreté retrouvée. On a d’ailleurs pu observer une diminution des comportements solidaires au profit de conduites plus individualistes, ce qui correspond bien à ce besoin de ressourcement.

Malheureusement, nous n’en sommes pas  restés là, et le second confinement a fait son apparition. Et avec lui, pour nombre d’individus, un sentiment d’extrême lassitude et d’épuisement.
Voici la troisième phase dans la réaction de stress : la phase d’épuisement.

La phase d’épuisement

Dans cette situation, les capacités de l’organisme sont débordées. Les ressources sont appauvries et la personne éprouve de grandes difficultés à se mobiliser et à continuer d’avancer.


C’est véritablement la définition du burnout au niveau professionnel.

En effet, pour beaucoup d’entre nous, l’annonce du second confinement a marqué une véritable épreuve de réalité : non la crise n’est pas terminée et il faudra encore faire des efforts.
Imaginez un coureur de marathon qui pense avoir atteint la ligne d’arrivée. Il a fait en sorte de gérer son effort pour puiser juste ce qu’il faut dans ses ressources afin d’atteindre la ligne d’arrivée au bout de ses forces.
C’est comme si, au final, vous décidiez de reculer cette ligne d’arrivée de plusieurs kilomètres sans l’avoir prévenu. Ce coureur va alors éprouver beaucoup de difficultés pour se remobiliser et tenter d’atteindre la nouvelle ligne d’arrivée. Mais comme l’être humain possède de fabuleuses capacités d’adaptation, il y a fort à parier qu’il y arrive. Cependant, il arrivera au bord de ses limites.

Et bien, c’est exactement ce qui s’est passé. Nous savons que nous devons encore produire des efforts, tenir sur la durée. Et cela semble long quand on se sent déjà épuisé.
En général, durant cette phase d’épuisement, l’organisme est vidé de ses ressources et on voit apparaitre tout un cortège de symptômes qui en témoignent :

  • Troubles musculo-squelettiques (douleurs des articulations et douleurs musculaires).
  • Troubles gastro-intestinaux (maux de ventre, douleurs et ulcères d’estomac).
  • Troubles cardiovasculaires (hypertension artérielle, palpitations cardiaques, …).
  • Migraines.
  • Hypercholestérolémie, diabète de type 2.
  • Crises d’asthme, etc…

Rassurez-vous, comme je l’évoquais, l’être humain possède de fabuleuses capacités d’adaptation innées qui ont permis à l’espèce de perdurer à travers les siècles. Et surtout, nous ne sommes pas seuls.
Cependant, comme nous sommes engagés dans un véritable marathon, il est important de s’économiser pour vivre pleinement durant ces moments pénibles.

Suivez-moi dans le « conseil de psy » pour des astuces concrètes qui vous permettront de traverser cette période de stress en continuant à vivre pleinement. Car il ne s’agit pas simplement de survivre.

Conseil de psy

Tout d’abord, comme vos ressources internes sont épuisées, il est nécessaire de faire appel à des ressources externes :

  • Sociales : retrouver des liens avec des amis (dans la limite des possibilités),retrouver des espaces de discussions, d’échanges…
  • Apprentissages : apprendre de nouvelles choses est excellent pour le cerveau. En effet, la mémorisation de nouvelles connaissances stimule le cerveau et redonne un sentiment de maîtrise qui rassure.
  • Se ressourcer dans la nature : de nombreuses études évoquent les bienfaits du contact avec la nature sur le cerveau et sur la diminution du stress et de la charge mentale.
  • S’accorder des loisirs : lecture, dessin, peinture, …
  • Se recentrer : En utilisant certaines techniques comme la méditation, le yoga, l’ hypnose pour se ressourcer.
  • Faire attention à son corps : Il est nécessaire de bien s’alimenter afin de recréer un stock de ressources. De s’autoriser des siestes pour récupérer.
  • Faire attention à ses envies et s’autoriser des petits plaisirs. Cela stimule les circuits de la récompense et du plaisir au sein du cerveau. Ce mécanisme permet donc de contrebalancer les effets négatifs du stress.

Voilà, vous savez tout sur le fonctionnement de notre cerveau durant cette période inédite qui met à rude épreuve nos ressources.

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